Un pas vers le numérique responsable

Animateur et développeur en numérique responsable, Stéphan a conjugué ses deux intérêts professionnels que sont l’écologie et l’informatique pour proposer des solutions de transition pour les structures en recherche d'éco-responsabilité et de plus d’éthique dans leurs activités !

Pourquoi as-tu décidé de te tourner vers l’éco-responsabilité ? 

“ J'ai commencé à m'intéresser aux sujets de l'environnement au milieu des années 2010. A l'époque je n'avais comme vision de l'écologie que ce que les journaux mainstream nous montraient, à savoir une image pas très glorieuse du parti politique des Verts. C'est via des reportages filmés “à Hollywood” sur l'ONG Sea Shepherd que j'ai commencé à être sensibilisé à la fois aux réels problèmes climatiques, et à la nécessité d'engagements forts pour le climat. Le courage des bénévoles de Sea Shepherd m'avait aussi beaucoup impressionné. A partir de ce moment-là, j'ai commencé ma transition personnelle.

Le deuxième déclic a été la présidentielle de 2017 où j'ai été affligé de la pauvreté des propositions écologiques, tous partis confondus. C'est là où j'ai compris qu'on ne pouvait pas attendre nos gouvernements pour agir, c'est le moment où je me suis dit que je voulais faire plus et m'engager dans ce combat.

C'est enfin en 2018 que m'est venu l'idée d'une activité professionnelle dans le domaine de l'éco-responsabilité : en parallèle de l'engagement militant, j'avais le rêve de l'entrepreneuriat, d'où la mise en place d'un projet de coaching personnel en gestes et comportements éco-responsables, très grandement inspiré du brillant blog "Ça commence par moi" de Julien Vidal.

Depuis 2018, beaucoup de choses ont donc changé dans ma vie professionnelle : j'ai quitté mon travail en 2020 pour me lancer à temps plein dans la coopérative Elabore avec 3 associés, qui a pour objectif de sensibiliser autour des sujets environnementaux, et d'accompagner au changement les entreprises. Nous avons aussi développé une expertise en logiciels libres de gestion de structure. C'est dans ce cadre que je fais maintenant beaucoup d'animations de fresques du climat et du numérique principalement. Les publics sont assez variés, allant du grand public aux entreprises, en passant par les administrations ou les associations.

L'activité de coaching, elle, n'a jamais vraiment décollé. Je pense que la culture du coaching en France n'est pas très présente (du moins chez les particuliers) : quand les gens veulent faire quelque chose, ils ont rarement l'idée que quelqu'un peut les accompagner pour le faire. C'est d'autant plus vrai en écologie, où ce métier commence juste à émerger.

Mais ça n'empêche pas de sensibiliser de très nombreuses structures, et d'en accompagner certaines plus en profondeur notamment sur la mise en place de solutions informatiques plus légères et éthiques ! ”

Comment réussir à concilier numérique et écologie ?

“ Pour reprendre un célèbre groupe d'humoristes, il y a le bon numérique, et le mauvais numérique ! Plus sérieusement, le numérique est un outil formidable pour décupler nos moyens d'observation, d'analyse, d'action. Il permet aussi d'automatiser les tâches rébarbatives pour se donner du temps à consacrer à de la vraie valeur ajoutée ! Par contre tout n'est pas rose, le numérique n'est clairement pas immatériel, et il y a un vrai impact environnemental et social. Une fois cet impact compris, l'enjeu est de remettre le numérique au service de la société, au service de la nature, et non au service de de la futilité, de portefeuilles privés trop gourmands ou d'accrocs à la surveillance.

Quand on regarde le panel des solutions pour un numérique responsable, on comprend que la très grande majorité relève non pas de défis technologiques, mais de l'usage que nous avons de nos appareils. Si tout le monde se met à conserver son ordinateur 10 ans (ce qui était encore la norme il y a seulement 10-15 ans de ça) et son téléphone 6-7 ans (au lieu de 18 mois en moyenne en France), déjà un grand pas serait franchi ! Quand on regarde le cycle de vie d'un appareil numérique, le plus gros impact vient de la fabrication, puis de la fin de vie. Donc tout ce qui peut limiter l'acquisition de matériel neuf (réparation, achat d'occasion, mutualisation, etc) relève de la meilleure stratégie de numérique responsable.

Ensuite sur l'usage, et bien la sobriété reste la meilleure tactique : utiliser le numérique quand c'est vraiment nécessaire, revenir aux supports matériels quand c'est possible. Nous étions capables de nous divertir, de communiquer, d'échanger avant le numérique, et nous en sommes toujours capables ! Pour le reste, essayons les logiciels légers, les logiciels libres (et ça amène une brique éthique à nos usages).”

As-tu quelques conseils à donner ?

“ Participer à un atelier de la Fresque du Numérique ! Cet atelier vous posera les bases théoriques en un temps record ! Les ressources de solutions transmises ensuite sont un bon point de départ pour aller tranquillement vers des pratiques numériques responsables, c'est-à -dire plus respectueuses de notre environnement, plus éthiques, plus inclusives !

Et pour conclure je vous partage l'un de mes sites favoris pour trouver des alternatives libres (il y en a plein !!) : cliquez ici. ” 

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